Pérussel (Henri)
Nom : Henri Pérussel
Dates : Né en 1800
Pays : France
Catégorie : Banquier
Adresse : Rue Saint-Georges

Où l’on apprend que pour devenir riche, il suffit de connaitre ce que réserve l’avenir ...

Henri Pérussel est un banquier français proche du comte de Morny qui fit de fructueuses affaires au début du Second Empire. Investissant d’abord en bon père de famille, non par exemple dans les mines d’or californiennes, mais dans la fourniture d’équipement de mineurs, ou de transport maritime, il acquiert de solides recommandations qui lui permettent de s’introduire dans les milieux politiques parisiens. Épongeant les dettes de quelques fils de famille endettés, il obtient une sinécure de consul du Monténegro, ce qui lui permet de fréquenter le cercle de l’Union. Fondé par le duc de Guiche en 1828, c’est un club sans doute moins mondain que le Jockey-Club, mais bien plus chic et aristocratique, et bien plus propice aux affaires ...

L’essentiel de sa fortune date pourtant de la fin de 1851 : il semble à cette époque avoir une certaine prescience de l’avenir, se ralliant aux gloires montantes à commencer par le comte de Morny, demi-frère du Prince-Président. Il achete les actions des sociétés portées aux innovations technologiques pourtant a priori farfelues. Il investie par exemple dès 1851 dans la société de John Watkins Brett qui après avoir établi l’improbable câble télégraphique sous-marin Douvres-Calais, se propose de relier l’Angleterre à l’Irlande puis la Nouvelle Europe à l’Amérique. Il s’associe également aux frères Pereire dans une société de chemin de fer, aux familles Schneider ou Wendel pour lancer des aciéries et des mines de charbon. Mieux encore, le premier, dès la fin de l’année 1851, alors même qu’Haussmann n’est encore que préfet de l’Yonne et n’a sans doute pas imaginé encore le destin qui l’attend, Pérussel achète des bâtiments, souvent en ruine, pour une bouchée de pain, à travers tout Paris.
Son dernier coup de génie fut d’apporter un soutient sans faille à l’ancien consul de France à Alexandrie, Ferdinand de Lesseps, dans son entreprise de percement d’un canal entre Méditerranée et Mer rouge. Il hésite pourtant à la fin des années 1860 à investir dans les sociétés éthériques, comme si son flaire l’avait quitté.

« Un coup discret frappé à la porte de la chambre interrompit l’entretient. Sœur Clémentine s’effaça pour laisser entrer un homme de haute taille et de forte corpulence. Vêtu d’une pelisse à col de fourrure et coiffé — couvre-chef assez inattendu — d’un chapeau haut de forme, le visiteur ne manquait ni de prestance ni d’assurance. Joues pleines et colorées, yeux clairs et froids sous d’épais sourcils, il se découvrit, livrant aux regards une chevelure brune, plate, niellée de gris. Campelle le classa d’emblée dans la catégorie des nantis qui tirent leur autorité de leur fortune plus que de leurs talents. Le regard de l’homme se posa sur la rosette de la Légion d’honneur à la boutonnière de Campelle, ce qui l’incita sans doute à s’incliner avec respect avant de tendre une main épaisse, aux phalanges velues.
— Henri Pérussel, monsieur. Je suis rudement content de vous voir sur pied. »

M. Denuzière, Amélie ou la concordance des temps, 2001.

Sa vie privée est par contre beaucoup moins heureuse. Père d’un garçon en 1825, Charles-Henri, puis d’une fille, Amélie, née en 1827, il perd sa femme malade de consomption à la fin des années 1840. Le fiancé de sa fille, Félicien de Brastin, officier royaliste, meurt en Italie en 1849 sous les ordres du général Oudinot envoyé rétablir le pape Pie IX dans ses états. Deux ans plus tard, Henri Pérussel accueil sous son toit un certain Louis Campelle, étrange personnage dont personne ne connait l’origine, et que la Sureté tient un temps pour un opposant royaliste au régime. Amélie s’en éprend rapidement pourtant, et lorsque l’homme disparait, à la fin de l’année 1851, elle sombre dans la folie. Envoyée rejoindre son frère à Londres (qui y tient la succursale britannique de la banque), elle décède en 1856 avec sa jeune belle-sœur Dorothea Foster-Pérussel, dans le naufrage du Pacific qui rejoignait Liverpool à New-York. Henri Pérussel ne s’en remit vraiment jamais et abandonna progressivement ses affaires à son fils, remarié six ans plus tard avec une autre anglaise, Nancy Galloway.

Henri Pérussel est un des personnages du roman de M. Dénuzière, Amélie ou la concordance des temps, publié en 2001.

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