Les armes de poing

Où l’essentiel du progrès consiste à pouvoir faire "boum, boum, boum", plutôt que "boum".

Les armes de poing qui suivent sont classées par ordre chronologique. Les dates indiquées sont celles des productions manufacturières, ce qui veut dire que l’on peut trouver des spécimens de chacune dans les années qui précèdent. Notez que rares sont les armées qui dotent leur infanterie d’armes de poing — hors des officiers et des gendarmes qui sont là pour empêcher la troupe de reculer face à l’ennemi ... La cavalerie en est, elle, généralement pourvue, mais le troupier est lui doté d’armes d’épaules. Et surtout les particuliers, redoutant les « apaches », n’hésitent pas à se doter d’armes de poing pour protéger leur honnête existence.

- Avant les années 1850.
- Les armes des années 1850 et 1860.
- Les armes des années 1870 et 1880.

Avant les années 1850.

L’essentiel de armes de poing de la première moitié du XIXe siècle, utilisent des canons rayés imprimant un mouvement de rotation aux munitions. Cela augmente leur portée et leur précision, mais limite leur usage à un type unique de munition. La poudre utilisée est de la poudre noire, dite aussi « poudre à canon », mélange de salpêtre, de soufre et de charbon de bois qui dégage une épaisse fumée à l’odeur âcre et encrasse rapidement les mécanismes.

Les poivrières.

Les « poivrières », nommées d’après leur forme, constituées de 4 à 8 chambres faisant office de canon, sont nombreuses en Nouvelle-Europe et surtout aux Amériques entre 1820 et 1860. Peu précises, chargées de munitions de petit calibre (souvent 7 mm), elles adoptent progressivement un mécanisme à double action : la pression sur la détente fait tourner le canon et réarme le chien. Elles sont faciles d’emploi, peu chères mais longues à recharger.

Revolver Colt Patterson 1836

Premier né de Samuel Colt, le Colt Patterson insère ingénieusement un barillet qui fournit six balles de plus gros calibre que les poivrières européennes contemporaines. Le risque cependant existe toujours que la mise à feu mette également le feu aux chambres d’à côté. On place l’amorce à l’arrière du barillet puis la poudre à l’avant, un système à crémaillère permettant de la comprimer en actionnant un levier, enfin en dernier la balle de plomb avant de recompresser le tout, ce qui prend trois bonnes minutes. Ce revolver, le premier de l’histoire, reste cher et Colt fait faillite en 1843, mais sa réputation est définitivement établie, en particulier sur la frontière mexicaine.

Le pistolet de cavalerie modèle 1822T

Poids Taille Cal. Port. Coups
1,3 kg 348 mm 17,6 mm 15 m 1

Dérivé du modèle 1822 (“T” pour “transformé” à la fin des années 1840), ce pistolet de cavalerie utilise pour munition des billes de plomb sphériques ou oblongues, chargées l’une après l’autre par la gueule. C’est la dernière arme de poing monocoup de la cavalerie française, entre 1847 et 1874 environ. Mais la mise à feu par percussion et non par un chien a silex en fait une arme plus sure que celles qui la précèdent.

Les armes des années 1850 et 1860.

Les années 50 se caractérisent par la mise sur le marché d’une innovation majeure de la fin des années 1820 : l’amorce à percussion sur des munitions combinant la poudre et la balle. Ces cartouches d’abord en papier puis carton, puis à culot métallique sont percutées soit par le dessus grâce à une broche, soit par l’arrière grâce à une aiguille.

Revolver Lefaucheux

En 1854 Eugène Lefaucheux met en service une arme solide et pratique, utilisant des munitions à broche inventées par son grand-père Casimir, se rechargeant rapidement par l’arrière du barillet. Une barre latérale d’éjection des douilles (également une nouveauté) permet d’accélérer encore son rechargement. Cinq calibres sont disponibles, entre 5 et 15 mm. Le 11 mm est adopté par la marine nationale française, mais refusée par l’armée de terre « en raison du cout des cartouches qui, risquant d’être gaspillées par des tirs inconsidérés, mettraient inévitablement la guerre hors de prix. »

Revolver Beaumont-Adams 1856

Poids Taille Cal. Port. Coups
1,1 kg 286 mm 11 mm 32 m 5

Revolver utilisant des munitions à broche comme le Lefaucheux mais se chargeant par l’avant, le Beaumont-Adams mis au point en 1856 fut choisit comme revolver d’ordonnance par l’armée britannique. C’est en effet le premier véritable revolver double action (l’appui sur la détente arme puis déclenche le chien). Il devient l’arme favorite des officiers anglais durant la guerre de Crimée et jusqu’aux guerres zoulous, grâce à une puissance considérée comme supérieur à celle des Colt concurrents (munitions de calibre .442 soit 11 mm).

Revolver Smith & Wesson 1857

En 1855, le jeune Rollin White propose un barillet foré de part en part à la firme Colt, qui fait l’erreur de le refuser. La firme concurrente, Smith & Wesson, elle, s’en empare : il permet de charger par l’arrière des cartouches à douilles métalliques, entrainant un gain de temps très important. Le S&W 1857, simple action, à sept coups tirant une cartouche de calibre .22 - soit 5,5 mm. Le calibre étant trop réduit, les modèles suivant proposent .36, puis .44, soit 9 et 11 mm, mais en six coups. C’est l’arme fétiche de Buffalo Bill.

Revolver Colt 1851

Après la faillite de 1843, Samuel Colt remonte une armurerie en 1847 pour fournir l’armée américaine en lutte contre le Mexique. Malgré l’erreur du refus du barillet foré de part en part, et jusqu’à l’expiration de ce brevet en 1869, Colt produit des armes d’excellente qualité quoique techniquement dépassées. Elles continuent à bien se vendre pourtant, assurant sa fortune, car elles sont fournies avec un moule à balles, de la poudre et des capsules : les utilisateurs, en particulier les pionniers de l’Ouest, peuvent se débrouiller ainsi partout. Le modèle 1851 (Navy, dit aussi Belt Model), devient une des armes à feu les plus vendues, dépassant les 215 000 exemplaires. Le Capitaine Dansan avait réussi d’ailleurs le 23 janvier 1851 avec le modèle Navy à tirer sur une cible portée à plus de 28 mètres.

Revolver Galand 1868

Toujours dans l’idée d’accélérer le chargement du revolver, Charles-François Galand, français installé à Liège, invente un ingénieux dispositif : un levier placé sous le canon et la carcasse déplace canon et barillet vers l’avant ; à mi-course, la plaque de l’extracteur est bloquée tandis que le barillet continue sa course en avant : les douilles ainsi retenues par la plaque tombent et peuvent être remplacées par des nouvelles cartouches. Le système connait un certain succès : la marine impériale russe ou l’armée roumaine s’en équipent à partir de 1871.

Les armes des années 1870 et 1880.

Les années 1870 se caractérisent par l’adoption dans la plupart des armées européennes d’un revolver d’ordonnance, en général réservé à la cavalerie — il est bien rare, hors des officiers, que l’infanterie en soit équipée. Tant pis cette fois-ci pour le coût de la guerre comme le redoutaient les généraux français en 1854 : Bismarck et ses velléités nationales sont passées par là … La percussion centrale s’impose progressivement, et surtout la poudre noire est remplacée à partir de 1886 par la poudre pyroxylée, qui se consume sans fumée et quasiment sans résidus.

Revolver Chamelot-Delvigne 1873

Poids Taille Cal. Port. Coups
1,2 kg 242 mm 11 mm 25 m 6

Suite à la guerre de 1870 contre la Prusse, la France veut moderniser ses armes de poing et lance un vaste concours, dont sortent vainqueur les manufactures Chamelot-Delvigne. Bien que lourd et handicapé par la faiblesse de sa cartouche (poudre noire, et 11 mm insuffisamment puissante), sa fiabilité, sa robustesse, sa simplicité d’entretien emportent l’adhésion. On le retrouve également dans les armées serbes, grecques, ainsi qu’aux Pays-Bas et en Italie.

Revolver Colt Peacemaker.

Poids Taille Cal. Coups
1 kg 320 mm 11,45 mm 6

Adopté par l’armée américaine en 1873, le Colt Peacemaker (“pacificateur”) est un revolver simple action (il faut armer manuellement le chien avant de pouvoir appuyer sur la détente) à six coups de calibre .45 (11,45 mm). Son mécanisme priori archaïque et compensé par sa robustesse et sa simplicité. Vendu entre 13 et 17 $ jusqu’à la fin du XIXe siècle, le Peacemaker devient rapidement l’arme la plus commune aux Amériques. L’arme possède une patine bleue, la carcasse est trempée couleur jaspée et la crosse est en noyer huilé.

Reichsrevolver modèle 1879

Poids Taille Cal. Coups
1,29 kg 340 mm 10,6 mm 6

Revolver d’ordonnance de l’armée allemande, règlementaire dans la cavalerie pour les officiers le reichrevolver de 1879 est fabriqué par l’arsenal d’Erfurt et des firmes privées (Dreyse, Mauser, Sauer …). Des entreprises belges et espagnoles en produisirent des copies pour le marché civil européen. Il est muni d’une sécurité manuelle, sur sa face gauche, en réalité superflue puisque c’est un revolver simple action. L’arme ne dispose pas d’extracteur, et sa portière de chargement est à droite. Il est remplacé à partir de 1884 et jusqu’en 1908 par un nouveau modèle, sensiblement identique.

Revolver Webley 1887

Poids Taille Cal. Coups
995 g 240 mm 11,5 mm 6

Le Webley fut règlementaire dans l’armée britannique à partir de 1887. Son cahier des charges était simple : “stopper net un indigène en pleine charge lors des guerres coloniales”. Revolver à double action, le chargement s’effectue par un mécanisme de brisure, le barillet est solidaire du canon et l’ensemble bascule vers le bas, bloqué en fonctionnement par un verrou situé à gauche. À partir de 1897, le barillet est démontable. La crosse, en bec de corbin, est recouvert de plaquettes en caoutchouc durci.

Revolver français d’ordonnance mle 1892

Poids Taille Cal. Coups
840 g 240 mm 8 mm 6

Afin de moderniser son armement, la France mais à nouveau en chantier une étude en 1885 — elle aboutit à l’acquisition par l’armée de ce revolver en 1895, dont la fabrication est confiée à la Manufacture d’armes de Saint-Etienne. Premier revolver à utiliser le basculement latéral pour éjecter les douilles, le barillet tombe à droite (alors que depuis, tous tombent à gauche) parce que c’est un revolver conçu d’abord pour les cavaliers : l’arme principale de ceux-ci étant le sabre, qu’ils utilisent de la main droite, ils n’ont que leur main gauche pour dégainer leur revolver. C’est encore une fois une arme simple et robuste, mais encore une fois handicapée par la faiblesse du calibre de ses munitions.

Les sites internet sur les armes de l’époque victorienne ne manquent pas, un moteur de recherche quelconque vous en donnera aisément les liens. Notons tout de même le travaille proposé sur le Site de l’Elfe Noir, adaptant ces armes au jeu de rôle.

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