Les armes d’épaule

Toujours plus vite, toujours plus loin, toujours plus fort ...

Les armes d’épaule, à la différence des armes de poing, équipent essentiellement les infanteries de la nouvelle Europe, encore qu’il ne faudrait pas oublier l’infinie cohorte des chasseurs. De ces armes d’épaules, on peut différencier les mousquetons (issus des mousquets, mais avec un canon plus court tout en conservant leur calibre), les fusils (les plus longs, les plus précis, les plus puissants et sur lesquels on peut adapter une baïonnette mais qui sont aussi les plus encombrantes des armes d’épaule) et enfin les carabines (plus courte donc moins puissantes, au canon rayé, en général utilisées par les cavaleries). Elles sont ici classées par ordre chronologiques.

- Avant 1850
- Les armes des années 1850-1860.
- Les armes des années 1870-1880.

Avant 1850.

Fusil de chasse à deux canons juxtaposés

C’est sans doute ici l’arme la plus courante de la Nouvelle-Europe, largement répandue au sein des amateurs de cynégétique. Ils préfèrent en général cette arme à deux canons, généralement lisses, de calibre moyen (12 mm), à chargement par la bouche, produite par la plupart des armureries européennes, aux armes à simple canon. Plus rarement on peut trouver des armes à trois canons (drilling) voire quatre (vierling). Les cartouches peuvent être chargées de grenaille, de chevrotine ou d’une balle.

Long. Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,5 m 5 kg 2 12 mm 200 m 4/min

Fusil d’infanterie français mle 1842 T

Les fusils d’infanterie français (modèle 1822) sont jusqu’en 1841 mis à feu par silex, avant que la percussion ne se répande (mle 1822 “T”), grâce à l’invention de la capsule de fulminate. La capsule est placée sur une petite cheminée menant à la chambre de l’arme. En frappant la capsule, le chien provoque l’explosion du fulminate et la mise à feu de la poudre noire. Le canon est rayé, mais le chargement se fait par la gueule.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,42 m 46 cm 4,125 kg 1 18 mm 200 m 3/min

Fusil Dreyse 1848

Johann Nikolaus (von) Dreyse avait mis au point dans les années 1830 un nouveau type de percuteur dit "à aiguille" puis une culasse mobile permettant de charger le fusil par l’arrière. En 1841, le fusil au point, la Prusse le test en grand secret, l’adopte définitivement en 1848 et le distribue discrètement aux corps de troupes. En 1864 au Danemark, puis en 1866 contre l’Autriche à Sadowa, les fusils Dreyse montrent leur supériorité face aux armes à chargement par la bouche. Ils permettent en effet le rechargement en position couchée et augmentent la cadence de tir à 6-8 coups par minute, offrant un avantage tactique incomparable aux troupes prussiennes.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,42 m 50 cm 4,6 kg 1 15,4 mm 600 m 10/min

Les armes des années 1850-1860.

Fusil Pattern 1853 Enfield

Le « Pattern 53 » est un fusil à percussion, à chargement par la bouche. C’est le fusil réglementaire de l’armée britannique jusqu’en 1867. Désigné comme un "fusil-mousquet", suffisamment long pour que les canons des soldats de seconde ligne dépassent le front des hommes placés en première ligne, tout en pouvant y adapter une baïonnette. Utilisés durant la guerre de Crimée, la guerre de Boshin, la Guerre civile aux Etats-Unis, ils sont surtout célèbres pour leurs cartouches qui déclenchent la révolte des Cipayes (1857-1858). De la graisse animale est utilisée dans la fabrication de ces cartouches, or les soldats doivent les déchirer avec les dents avant de les charger dans leur fusil : les supplétifs hindous soupçonnent la présence de graisse de bœuf, les musulmans de graisse de porc, enclenchant un cycle de refus d’obéir et de répression jusqu’à la mutinerie.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée max Cadence
1,4 m 50 cm 4,3 kg 1 15 mm 1800 m 3/min

Mousqueton Treuille de Beaulieu modèle 1854.

Féru de modernité, Napoléon III demande au capitaine Treuille de Beaulieu en 1851 de lui dessiner un mousqueton à chargement par la culasse et à canon rayé. L’arme, disponible à partir de 1854, équipera l’escadron des Cent-Gardes, la garde rapprochée de l’empereur. Elle est rendue plus impressionnante encore (au moins à la parade), par un sabre-lance long de plus d’un mètre : cela dit, étant donné la taille des gardes, on se résout à raccourcir cette baïonnette de 25 cm de façon à éviter qu’elle ne raye les plafonds des châteaux.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,17 m 1 m 3,150 kg 1 9 mm 200 m 3/min

Fusil chassepot

Le « fusil d’infanterie Mle 1866 » est mieux connu sous le nom de son concepteur : Antoine Alphonse Chassepot. Le « Chassepot » est mis au point en 1863 et adopté en 1866 par l’armée française. Modification majeure calquée sur le fusil Dreyse allemand, il se charge par la culasse. C’est un des meilleurs fusil de son temps, quoiqu’assez fragile et n’ayant pas adopté la cartouche métallique : mais la guerre contre la Prusse s’annonçant, il est temps de doter l’armée française d’une arme moderne. La fabrication en grande série n’est pourtant pas suffisamment rapide, et la firme propriétaire du brevet, la société Cahen Lyon & Cie, se trouve incapable de tenir les cadences. La fabrication est finalement sous-traitée dans d’autres pays européens, Angleterre, Autriche, Espagne, Italie ou Belgique.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,31 m 57 cm 4,100 kg 1 11 mm 1200 m 10/min

Fusil Snider-Enfield

Suite aux évolutions des fusils français et prussiens, le Royaume-Uni adopte à son tour un fusil à chargement par la culasse. En service jusqu’en 1901, il devient le fusil le plus populaire à travers le monde et les différents conflits, depuis la Rébellion de la rivière Rouge au Canada, les guerres Zoulous, ou la guerre russo-turque de 1877-1878.

Long. Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,25 m 3,8 kg 1 15 mm 900 m 10/min

Les armes des années 1870-1880.

Fusil Mauser Mle 1871

Toujours dans la course à la modernité, la guerre contre la France de 1870 ayant démontré la supériorité du Chassepot, l’Allemagne nouvellement unifiée veut adopter une nouvelle arme d’épaule. Elle a le choix entre un fusil bavarois de la firme Werder, ou la nouvelle mouture du Mauser fabriqué à Oberndorf, en Bade-Wurtemberg. C’est ce dernier qui est choisi — sauf par la Bavière. Il est également décliné en carabine pour la cavalerie. Le Mauser 1871 fut vendu aux Boers d’Afrique du Sud (au grand déplaisir des Britanniques), en Chine, au Honduras, en Irlande, au Japon, au Portugal, en Serbie et dans l’Empire ottoman.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,35 m 59 cm 4,500 kg 1 11 mm 1200 m 12/min

Fusil Gras

Lorsque la Prusse se dote en 1871 du Mauser, la France équipée du Chassepot doit à son tour adopter un nouveau fusil plus moderne. Le fusil Gras 1874 (toujours du nom de son concepteur) renonce enfin aux cartouches papiers pour des cartouches métalliques, tout en réutilisant comme base, l’énorme stock de Chassepot dont dispose le pays. Bien que simple et fiable, le fusil Gras est peu à peu abandonné dans les années 1890, vendu en Afrique où il sert d’arme de chasse ou de tir ... pour la traite. Le fusil Gras a une capacité de pénétration de 150 mm de terre à 90 m, et une capacité de perforation de 6,5 mm de tôle à 200 m.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,31 m 52 cm 4,200 kg 1 11 mm 1200 m 12/min

Carabine Winchester 1873

À la fin des années 1850, Oliver F. Winchester, riche fabricant de chemises et pantalons en "toile jean" de Boston, rachète pour une poignée de dollars la firme Volcanic et son brevet de fusil a répétition. Il confie la modernisation de l’arme à l’ingénieur Tyler Henry : un premier modèle mis au point en 1862 est capable de tirer 16 cartouches en dix secondes, précises à 200 m. Quatre ans plus tard, Nelson King, qui a succédé à Tyler Henry améliore le système d’extraction des douilles et donne naissance à la première Winchester 1866, surnommée Yellow Boy en raison de sa boîte de culasse en laiton. Plus de 160.000 pièces vendues entre 1866 et 1898, dont 50.000 à l’Empire Ottoman. C’est pourtant le modèle 1873 qui fait la fortune d’O. Winchester. Décliné en trois modèles en fonction de la taille du canon (mousqueton avec 51 cm, carabine avec 61 et fusil d’infanterie avec 76 cm), elle mérite le titre de Gun That Won the West : « le fusil qui conquit l’Ouest ». Sa robustesse, sa légèreté et sa rapidité, en font une arme de grande efficacité contre les bisons ... comme contre les Indiens. Pour poursuivre les innovations, la firme Winchester engage en 1885 un jeune ingénieur prometteur : John Moses Browning.

Long. Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,1 m 4 kg 12 10,8 mm 1000 m 24/min

Fusil Lebel

Sous l’impulsion du Général Boulanger qui tient à une politique agressive vis-à-vis de l’Allemagne, l’armée française se dote d’une arme nouvelle qui accumule les innovations. Le « Fusil Mle 1886M93 », est officieusement baptisé du nom d’un des membres de la commission qui a contribué à sa création : le colonel Nicolas Lebel. C’est ainsi le premier fusil règlementaire à utiliser la poudre pyroxylée (« sans fumée ») et un magasin de 8 cartouches (avec une dans l’auget et une en chambre la capacité est donc de 10 coups, mais ce magasin tubulaire sous le canon ne permettait pas un rechargement rapide pour le tir à répétition). Le Lebel connait son baptême du feu lors de la fusillade de Fourmies le 1er mai 1891, on note alors dans les journaux : « C’est le fusil Lebel qui vient d’entrer en scène pour la première fois… Il ressort de ce nouveau fait à l’actif de la balle Lebel qu’elle peut très certainement traverser trois ou quatre personnes à la suite les uns des autres et les tuer. » (L’Illustration, 9 mai 1891). Le fusil Lebel peut être équipé, sans modifications, de lunettes de tir règlementaires permettant le tir de précision jusqu’à 800 mètres.

Long. Baïonnette Poids Coup Cal. Portée Cadence
1,31 m 52 cm 4,4 kg 10 8 mm 2000 m 20/min

Les sites internet sur les armes de l’époque victorienne ne manquent pas, un moteur de recherche quelconque vous en donnera aisément les liens. Notons tout de même le travaille proposé sur le Site de l’Elfe Noir, adaptant ces armes au jeu de rôle.

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