Bonaparte-Wyse (Marie-Letizia)
Nom : Marie-Letizia Bonaparte Wyse, Princesse de Solms (1849), Madame Rattazzi (1863), Madame de Rute (1877).
Date : 1831-1902
Catégorie : Princesse, écrivain mondaine
Famille connue : petite-fille de Lucien Bonaparte, sœur de Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse, promoteur du canal de Suez.
Titres : Membre de la Société des gens de lettres, dame de l’Annonciade, dame Marie-Louise, Grand-Cordon d’Espagne ... et la plupart des décorations accordées aux femmes d’Europe.

Où l’on rencontre une princesse qui se pique d’écrire, de séduire les hommes, d’intriguer, de faire de la politique ou de l’espionnage, bref une véritable et passionnante aventurière.

Madame Rattazzi est plus qu’une personnalité, c’est une figure. C’est que Madame Rattazzi est femme par dessus tout et que, femme, elle est bien l’être complexe que Dumas trouvait toujours plus indéchiffrable à mesure qu’il l’étudiait mieux. C’est que, femme, elle a gardé ce je ne sais quoi de naïf et de charmant qu’on ne saurait saisir et qui ressemble à l’âme d’un enfant. Rien ne l’a blasée. Elle voit et juge les hommes et les évènements avec une ingénuité juvénile - d’autres diraient une intuition du vrai, - et un peu comme George Sand et Jean-Jacques, elle voit la nature dans tout ce qui vit et dans tout ce qui s’aime. [...] Sa physionomie rêveuse, ses grands yeux bleus, presque noirs à force d’être bleus, un peu vagues, comme ceux des myopes, ses lèvres d’un dessin presque trop pur, où l’ironie se mêle à la bonté, la délicatesse de son teint, tout ce qui a fait dire d’elle qu’elle unissait la grâce riante de la Joconde à la fierté mélancolique des Bonaparte, - s’anime, s’épanouit et se fond et s’adoucit à la fois quand elle parle.

Dictionnaire biographique international des écrivains, ss dir. d’H. Carnoy, 1902.

Petite-fille de Lucien Bonaparte, le frère de Napoléon Ier, elle porte le nom de Bonaparte-Wyse bien que sa mère ait été séparée de son mari, Sir Thomas Wyse, depuis plus de trois ans. Elle serait en fait la fille d’un capitaine irlandais nommé Hodgson.

En 1849, à l’âge de 17 ans, elle épouse Frédéric de Solms, un riche strasbourgeois qui la quitte rapidement pour se rendre aux Amériques, mais dont elle garde le nom, se présentant comme « Princesse de Solms ». Elle vit alors avec sa mère, qui tient un brillant salon littéraire à Paris, fréquenté entre autres, par Victor Hugo, Eugène Sue ou Alexandre Dumas fils.

Considérée comme l’une des plus belles femmes de son époque, elle multiplie alors les amants. Elle rencontre par exemple au début des années 1850 le comte Alexis de Pommereu, dont elle a un fils en 1852. Mais elle est également remarquée par exemple, au bras du « Prince d’Arménie », un aventurier intrigant à travers la Nouvelle Europe ... En février 1853, les autorités françaises ordonnent son expulsion de l’Empire arguant des scandales qu’elle provoque autour du nom de Bonaparte qu’elle a pris illégalement. Certains disent surtout qu’elle est ostracisée à la demande de l’impératrice Eugénie jalouse des visites secrète de son mari à sa jeune et belle cousine ... Elle s’installe donc à Aix-les-Bains en Savoie, alors partie du royaume de Piémont-Sardaigne, où elle ouvre un nouveau salon littéraire et soutien par exemple le Félibrige.

Elle continue, là, à communiquer avec ses anciennes connaissances de tendance démocrates ou républicaines (Hugo, Lajos Kossuth ...), ce qui ne l’empêche ni de devenir l’amante et l’informatrice de M. von Hinkeldey, préfet de police de Berlin, ni de contribuer au journal Le Constitutionnel, un des principaux journaux gouvernementaux français, sous le nom de plume de Baron Stock.

Après l’annexion de la Savoie par la France en 1860, elle rentre à Paris où elle épouse en 1863 Urbano Rattazzi, homme politique italien qu’elle suit dans la péninsule. Elle se pique à ce moment d’écrire (on soupçonne l’emploi de nègres), multiplie les ouvrages de poésie, romans, études historiques, pamphlets qui mettent parfois son mari en porte-à-faux difficile vis-à-vis de la société napolitaine... Suite à la mort de celui-ci, elle épouse en 1877 un Grand d’Espagne, bien plus jeune qu’elle, le Señor Luis de Rute, ce qui ne l’empêche guère de mener une vie très libre (on l’a dit bisexuelle), à l’image des bas-bleus anglais.

Je me souvins à propos que j’avais précisément sur moi un album-questionnaire sur lequel j’avais l’habitude de noter les réponses de mes amis et des personnes de ma connaissance. Voici en quoi consiste l’opération : On adresse au malheureux interrogé une série de questions auxquelles il doit répondre successivement. - Quel poëte ? quel peintre ? quelle occupation ? quel plaisir ? quelle sensation, etc. etc., préférez-vous ? Les réponses sont inscrites, puis la personne signe, date son interrogatoire et le tour est joué. De l’ensemble de ces réponses, lorsqu’elles sont sincères, faites sans prétention à l’esprit, il est rare que le caractère de l’individu ne se révèle, sous de certains côtés du moins. Parmi les réponses de madame de Solms [...], il en est de fort piquantes et dans lesquelles on retrouvera certains traits du caractère du personnage. Quel poëte ? - Hugo Quel prosateur ? - Georges Sand Quels peintres ? - Titien, Eugène Delacroix Quelle occupation ? - Ecrire Quel plaisir ? - Jouer la comédie Quelle passion ? - En inspirer Quel gouvernement ? La république Quels souhaits ? Me toujours bien porter. Pouvoir toujours aimer, sans en être fatiguée. Ne jamais vieillir.

Henry d’Ideville, Journal d’un diplomate en Italie, 1872.

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