Islande
Situation : entre le 63e et le 67e parallèle Nord
Superficie : 103.000 km2
Population : environ 60.000 hab.

Où l’on aborde une île à l’image de la Nouvelle-Europe : dure à l’homme, baignée de fumées, et emprise dans les glaces ...

Brève histoire de l’Islande.

L’île était déjà connue par les Grecs sous le nom de « Thulé », avait été ralliée par des moines qui cherchaient la solitude, mais elle fut principalement colonisée au IXe siècle par des Vikings chassés de Norvège. {Ingólfur Arnarson}, par P. Raadsig, 1850.On peut citer parmi ceux-ci Ingólfur Arnarson, fondateur en 874 de Reykjavík (« la baie des fumées », en raison des nombreuses sources d’eau chaude), et considéré comme le premier colon permanent. C’est à cette époque que l’île prend définitivement son nom : Island, le pays-de-glace. En 930, les différents colons établissent un parlement / cour de justice commune, l’Alþing (Alphing) qui siège quinze jours par an, lors du solstice d’été, à Þingvellír. Son président, le lögsögumaðr (« celui qui dit la loi »), est élu pour trois ans. Tous les hommes libre y ont voix, mais seuls les goðar peuvent prendre part au vote.

Vers l’an mil, pour éviter une guerre de religion, l’Alþing décide de la conversion des Islandais au christianisme. L’introduction de la nouvelle religion est accompagnée par le passage de l’alphabet runique à l’alphabet latin, progressivement enrichi de nouvelles lettres : Ð (ð), Þ (þ), Æ (æ), ... Entre 1220 et 1262 des dissensions internent font passer l’île sous domination norvégienne, puis l’union de la Norvège et du Danemark au sein de l’union de Kalmar transmettent l’Islande aux Danois ... qui assurent la tutelle de l’île jusqu’au XIXe siècle. Pour renforcer son contrôle, Copenhague impose entre temps le luthéranisme (milieu du XVIe siècle), puis son monopole sur le commerce (début XVIIe). Au printemps 1783, l’éruption du Laki répand dans l’atmosphère une vague de poussières qui sera noté quelques semaines plus tard jusqu’en Méditerranée. Mais en Islande même, plus de 565 km2 de terrain sont couverts par les laves, faune et flore sont empoisonnées : un cinquième de la population meure dans la famine qui s’ensuit. Pour couronner ces temps difficiles, en 1800, l’Alþing est supprimé par le roi du Danemark.

La première moitié du XIXe siècle sonne l’heure de l’indépendance. Napoléon Ier ayant organisé un blocus continental contre le Royaume-Uni, l’Islande se trouve privée de sa tutelle danoise. En 1809, un aventurier soutenu par les Anglais, Jørgen Jørgensen, arrête le gouverneur, proclame l’indépendance et s’attribue le titre de protecteur de l’île. Mais ayant pris un peu trop d’initiatives, il est mis aux arrêts par les Britanniques.

Jón SigurðssonÀ partir des années 1830, Jón Sigurðsson, un fils de pasteur, s’installe au Danemark pour travailler sur les sagas. Très vite, il devient le leader du mouvement pacifiste pour l’indépendance de l’Islande et obtient du roi Christian VIII la reformation de l’Alþing à Reykjavik devenue capitale (1.400 habitants au milieu du XIXe). L’assemblée se rassemble pour la première fois en 1845 avec vingt représentants élus par les propriétaires terriens islandais et six désignés par le roi. Le « Printemps des Peuples » apporte au Danemark une constitution qui abolit la monarchie absolue. En 1851, une Convention nationale se réunie en Islande pour discuter des implications de ces transformations, et conclue que l’union entre les deux pays n’est plus qu’une union personnelle. Mais ce n’est pas du goût du gouverneur qui dissout une nouvelle fois l’assemblée ... certains préparent alors la rébellion. En 1854 face aux pressions du concert des nations européen et étant donné la difficile situation économique de l’île, le monopole danois du commerce est aboli, la liberté du commerce rétablie.

Géographie de l’Islande.

S’il fallait résumer la géographie physique de l’Islande en une phrase, il faudrait dire que l’île est une chaîne de volcans, pour bonne partie recouverte d’une épaisse couche de glace, juste sous le cercle polaire. Laves & glaciers, bien peu de terre, donc peu d’arbres, particulièrement en ce milieu du XIXe siècle quand moutons et chevaux ont dévoré l’essentiel de la végétation. Laves : d’où l’origine des fumeroles de la baie de Reykjavik, les impressionnants et réguliers souffles d’eau bouillante de Geysir et d’ailleurs, les solfatares de Myvatn ou plus loin, les sols simplement chauds, ou creuser suffit à former un four. Laves encore : les cratères sans fond, les tremblements de terre et les coulées, les plages de sable noir, les orgues basaltiques ou les failles propices aux réunions de l’Alþing. Glaciers : ses langues qui avancent ou reculent, empêchant en son sein toute circulation humaine, creusant à travers le pays des vallées profondes, déchiquetant les cimes, aplanissant tout obstacle face à elles. Glaciers encore : l’eau qui en descend formant une multiplicité de cours d’eau, de cascades souvent très puissantes : Gulfoss, Dettifoss ou Goðafoss ; irriguant malgré tout cette terre aride et pelée, permettant aux hommes une vie rude et frugale.

L’Islande enfin c’est la mer : ses monstrueux cétacés, ses bancs semblent t-ils inépuisables de morues ou de harengs, qui attirent l’été les pécheurs de toute l’Europe. Ce sont des étendues d’huile lorsque le vent est tombé, et au contraire la puissance des tempêtes boréales quand le Norois s’est levé. C’est aussi les cimetières de pécheurs français à Grundarfjörður ou Fáskrúðsfjörður, allemands à Vik.

Reykiavik (Islande), 15 juillet.
« Il y a juste aujourd’hui un mois que nous avons quitté le Havre. Nous n’avons pas perdu notre temps, nous avons beaucoup vu, beaucoup éprouvé ; le total de lieues que nous avons faites jusqu’à présent se monte à 1,012. Après une traversée assez agitée nous arrivâmes en Islande le 30 juin. Nous étions à peine reposés, que déjà nous entrions dans nos grosses bottes pour courir aux fameuses sources chaudes nommées les Jeysirs, et situées dans l’intérieur du pays. Rien ne peut vous donner une idée de la désolation de ce pays. La capitale d’Islande, Reykiavik, renferme 600 habitants, enfouis dans des huttes recouvertes de gazon. Le gouverneur et quelques hauts personnages de la cité jouissent seuls de maisons en bois. L’absence totale de végétation, sauf une herbe fine et basse, n’ôte rien à la tristesse du paysage. C’est là une terre profondément ravagée, par des éruptions volcaniques, vraie terre maudite ; il y fait froid, il y pleut toujours. La terre y est triste, le ciel éternellement sombre, les hommes transis et silencieux. Voilà l’Islande telle qu’elle existe et non telle que l’a rêvée M. Gaimard. Le seul produit remarquable de ce pays, ce sont de petits chevaux très intelligents, très doux et infatigables. Nous étions une trentaine pour faire notre courses aux Geysirs, y compris les personnages officiels du pays qui nous accompagnaient. Une réunion de 30 cavaliers compte 100 chevaux. À un signal donné, les 70 chevaux libres partent en avant ; les cavaliers les suivent au grand galop ; il les rattrapent, ils les chassent devant eux. Après trois heures de pareille course, on fait halte, on met la selle sur les chevaux qui allaient jusqu’alors livres, et ainsi de suite, on continue son pèlerinage, en alignant de 20 à 25 lieues par jour. Le soir, on arrive à un endroit quelconque, tous sont également stériles également inhabités ; on pique sa tente, ou bien on s’enroule dans sa couverture, et on s’endort sur un sol capitonné de lave et rembourré de cailloux. Les habiles parviennent à s procurer quelques mottes de tourbe. En attendant, il pleut toujours ; le thermomètre, à cette époque de canicule, s’élève jusqu’à 10° au-dessus de zéro. Le sixième jour de notre expédition, nous étions de retour à Reykiavik. Le lendemain soir, le commandant de la frégate française l’Arthémise, en station dans ces mers, nous donnait un bal à bord de son navire. Ne me demandez pas de détails sur les femmes islandaises. »

La Presse, 27 juillet 1856.

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