Hottentot (Le)

Où l’on rencontre un gentil petit peuple, de bons sauvages ... c’est-à-dire un peuple qui ne pose pas problème aux Européens.

Bien que le cap de Bonne-Espérance ait été découvert en 1486 par les Portugais, il ne s’y est formé de colonie européenne qu’au milieu du XVIIe siècle. Les Hollandais, sous la conduite du chirurgien Van Riebeeck, y fondèrent le premier établissement ; les Portugais en avaient été dégoûtés dès le principe par plusieurs combats qu’ils avaient soutenus avec les naturels.

La compagnie hollandaise ne songea pas d’abord au parti qu’on pouvait tirer de la culture du pays ; mais à mesure que les avantages devinrent plus évidens, les Européens agrandirent leurs possessions au point de reléguer la population native dans les arides déserts où se réfugient le Namacquois errant et les hordes des Bushmans.

C’est dans ces déserts que les a visités le célèbre voyageur français Levaillant, à qui nous devons la majeure partie des détails qui suivent :
Le Hottentot a les pommettes des joues très proéminentes, et la mâchoire, au contraire excessivement étroite ; aussi sa physionomie va-t-elle toujours en diminuant jusqu’au bout du menton : son nez plat n’a quelquefois que six lignes de longueur ; ses narines sont très ouvertes ; sa bouche, grande, est meublée de petites dents perlées d’une blancheur éblouissante ; ses yeux, très beaux, inclinent un peu du côté du nez comme ceux des Chinois ; il est parfaitement proportionné ; sa démarche est gracieuse et souple ; les femmes sont également très bien faites, ayant les bras, les mains et les pieds modelés avec une délicatesse qu’on ne s’attendait guère à trouver chez elles.

Le Hottentot montre en général un grand sang-froid, et conserve constamment un maintien réfléchi et réservé, s’occupant avec le plus grand soin de la garde de ses troupeaux, car il est naturellement pasteur, et ne se doute pas des premiers élémens d’agriculture : jamais il ne sème ni ne plante ; jamais il ne fait de récolte ; il ne compose même pas de beurre, et boit son lait comme la nature le lui donne.

Se vouant ainsi entièrement à la conduite de ses troupeaux, il est nécessairement un adroit et hardi chasseur ; il est d’ailleurs secondé dans ses chasses par sa vue subtile et sa perspicacité. Sur un terrain sec où l’éléphant ne laisse aucune trace, au milieu des feuilles mortes et roulées par le vent, l’animal est reconnu, sa trace est poursuivie à l’aide de mille indices légers ; c’est quelquefois une feuille verte retournée ou détachée, quelquefois la forme des éclats d’une branche rompue.

La principale pièce de l’habillement des Hottentots est un manteau de peaux de mouton ou de bêtes sauvages cousues avec des fils de boyau : ce manteau, appelé kross, lui sert la nuit de couverture et le jour d’habit : s’il fait chaud, il l’ouvre ; fait-il de la pluie, il le ferme. Lorsqu’elles sont vieilles, il en couvre sa hutte ; lorsqu’il meurt, on l’enveloppe dedans pour l’enterrer. La seconde pièce principale de son habillement consiste en un petit tablier de peau qu’il attache autour de ses reins.

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Le Hottentot

Le Hottentot dont nous donnons le portrait est, comme on le voit par ses pantalons, sa chaussure et son chapeau, en contact avec les Européens, dont il a adopté quelques vêtements ; mais les traits de son visage conservent le caractère de sa race.

En perdant graduellement, par les envahissemens des Européens, le droit de faire paître leurs troupeaux, les peuplades hottentotes avaient été peu à peu réduites, à une sorte de servage très peu différents de l’esclavage ordinaire ; elles ont été émancipées par le gouvernement anglais, en juin 1828, et les ilotes du Cap, au nombre de 50.000, ont été admis à jouir des mêmes droits et privilèges civils ou politiques que la population blanche de la colonie.

Cet article paru en 1833, fait partie du Magasin pittoresque publié sous la direction d’Edouard Charton. Réédité par Elytis en 2007, la reproduction de l’original est disponible sur Gallica.

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1833
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