Ada Enigma
Série Ada Enigma (t.1 : Les spectres du Caire ; t.2 : La double vie d’Ada Enigma ; t.3 : Une histoire infernale)
Scénario François Maingoval
Dessin Vincent Dutreuil
Date 2000
Editeur Glénat, coll. Carrément BD
Type Bande dessinée fantastique
ISBN 2-7234-3262-9 (1er tome)

Bref résumé de l’histoire.

Ada Ellington, surnommée « Enigma » en raison de sa curiosité, est une aristocrate, fille du consul général britannique au Caire au début de la Première guerre mondiale. Or les habitants de la « cité des morts », le cimetière de la ville, voient des défunts se relever et entendent d’abominables complaintes ; des lueurs vertes illuminent la nuit. Les autorités britanniques comme musulmanes, ainsi qu’un médecin copte se posent bien des questions

Bio-bibliographie.

- On raconte que François Maingoval, né en 1975, eut pour première chambre à coucher un ancien atelier de Peyo. Quoiqu’il en soit, il commence très jeune à écrire des scénarios de bandes-dessinées. En 1998 il rencontre Vincent Dutreuil par Internet et projette avec lui sa première série : Ada Enigma. En 2005, il rejoint l’équipe de Jacques Martin et coécrit des scénarios d’Alix sur base de synopsis du maître. La série Alix Raconte, lui permet de proposer des biographies romancées de personnages de l’Antiquité. Parallèlement à ses activités de scénariste, François Maingoval a une activité de coaching de dirigeants d’entreprise, fondée sur l’école de Palo Alto.

- Auteur français né en 1973 en Grèce, diplômé de l’École St-Luc de Bruxelles et des Beaux-Arts de St-Étienne, Vincent Dutreuil a publié plusieurs récits courts dans la revue « La Cinquième Couche », participé à diverses expositions collectives de bande dessinée à Liège, Bruxelles et Angoulême. Après des travaux de graphiste et d’illustrateur, il se consacre à Ada Enigma, en collaboration François Maingoval, et à Racines.
[Texte © Glénat]

Incipit.

Tout moyen d’expression a ses lois et ses contraintes techniques. La bande dessinée européenne, depuis des décennies, utilise un format quasi immuable qui impose son sens de lecture, des cadrages donnés. Ceux-ci ont évolué au fil des années, et bien des auteurs ont osé franchir la sacro-sainte case pour envahir les marges du livre. Si beaucoup d’auteurs se comparent à des metteurs en scène, ils n’ont pas, comme ceux du cinéma, beaucoup de choix dans le format de la page. Au cinéma, l’écran peut accueillir le cinémascope, et certaines super-productions utilisent un espace allongé, d’autres préfèrent un format plus conforme à l’intimisme.

En proposant le défi à des auteurs BD de “penser carré”, la collection carrément BD s’inscrit dans une vague novatrice où la réflexion sur le découpage et l’utilisation d’un format neuf doivent permettre l’éclosion de BD fortes. La réalisation du livre lui-même pousse à la finition des livres-objets, véritables écrins pour des œuvres personnelles où chaque auteur s’est remis en question pour présenter un travail qui ne peut, dans un premier temps, qu’intriguer le lecteur, puis le séduire.

Les esprits chagrins ne verront qu’une remise en question d’un standard qui méritait d’être bouleversé. Seul le format des comics américains et des manga, plus allongé en hauteur, avait donné une alternative.

Avec le carré, format élégant que l’on retrouve dans le monde musical, la BD se donne un nouvel espace.

Paul Herman

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Le Blog-Notes.
Ada Enigma au Caire.
par Caracalla

Avec un titre comme celui-ci, difficile de ne pas mettre l’eau à la bouche de l’amateur de steampunk ... Le premier tome est effectivement une réussite ... les deux autres, à mon avis, beaucoup moins, tant pour le scénario que pour le dessin. D’ailleurs, la rencontre entre Maingoval & Dutreuil n’aurait dû porter que sur un one-shot, et Ada ne devait même pas en être l’héroïne principale.

Quoiqu’il en soit, le premier tome est de qualité, et mériterait bien lui trois étoiles. Le dessin est intéressant. Les couleurs sont essentiellement rouges, ocres, noirs profonds, souvent sombres et insaturées, avec des pointes de vert d’eau. La couleur semble appliquée au crayon de cire, ce qui est appréciable au milieu des colorisations numériques d’une grande part des BD actuelles. Le trait est épais et parfois toujours visible. L’ensemble reconstitue bien la chaleur et la poussière qui écrasent la ville. Trois cases prennent l’entièreté de la page, dont la première, un des avantages du format. Autre originalité en partie liée, les cases sont souvent grandes et beaucoup plus allongées, horizontalement ou verticalement que dans la BD traditionnelle, offrant à l’album une touche particulière.

Le scénario est intéressant, plein d’humour, de clins d’œil et de références à des personnages réels (Byron, Becquerel ...). On abandonne rapidement le fantastique au profit de la science, du merveilleux scientifique serais-je tenté de dire. La fin est un peu décevante mais l’ensemble est de bonne tenue. On regretterait même que le second tome ne se passe pas lui aussi au Caire en prolongation du premier.

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