Présentation générale de la France

Où l’on apprend qu’une société à toujours deux faces : la première étant plus brillante, la seconde sera d’autant plus sombre.

La France en 1876 est un pays tout en contrastes. Aux lumières de Paris rénové par le baron Haussmann, s’opposent le mauvais état sanitaire de la majorité de la population, élite comprise. L’hygiène est insuffisante partout, la mortalité reste élevée alors que la natalité (autour de 26 ‰) est pour un tiers moindre que celle des pays voisins.

Le triomphe de la bourgeoisie.

Il y a peu de points communs entre l’aristocratie traditionnelle, souvent terrienne, la grande bourgeoisie ayant bati sa fortune sur le charbon, la moyenne bourgeoisie provinciale et la petite bourgeoisie souvent composée de fonctionnaires, les 265.000 serviteurs de l’état en 1870.
C’est sur ces deux dernières classes, les « couches nouvelles » de Gambetta, que veut s’appuyer l’empire parlementaire après 1870.

Le monde rural.

Malgré le bond en avant de l’industrialisation promu par Napoléon III, la majorité des Français demeurent à la campagne. C’est là la principale originalité par rapport à l’Angleterre de Victoria et à la Prusse de Bismarck.

L’exode rural pourtant est toujours fort : attirés par les grands chantiers du Second Empire, près de 70.000 personnes quittent tous les ans les campagnes au profit des villes. Délestées de ces éléments les plus pauvres et les plus marginaux, les campagnes par conséquent, semblent de plus en plus prospère.

La condition ouvrière.

Malgré les vélléités sociales de l’empereur, les conditions de vie de la classe ouvrière sont particulièrement mauvaise : à Lille, ville-ouvrière type, la moitié de la classe d’âge a disparu avant d’avoir 24 ans. Et si les conditions de vie s’améliorent, si l’alimentation se diversifie, le luxe accru des classes dominantes donne un goût bien amère à la condition de prolétaire.

« Le vrai sublime se reconnaît facilement à son linge dégoûtant, à ses souliers éculés et percés, à sa voix caverneuse, enrouée ou râleuse, à son haleine de trois-six. Quand vous lui demandez où il travaille, il vous toise en ayant l’air de vous dire : comment, vous ne me connaissez pas, c’est moi qui …, c’est mois que …, et il finit par vous dire avec un geste impossible : c’est moi qu’on appelle Bec salé, dit Bois sans soif, ou la Chopine en bois ; ça doit vous suffire. »

Poulot (Denis), Le Sublime, Paris, 1887

La classe ouvrière pourtant n’est pas uniforme. À Paris, l’ouvrier traditionnel, typographe ou ébéniste, conscient de sa qualification, fort en gueule, politisé, surnommé le « sublime », ne s’en laisse conter par quiconque. Mais à côté de lui, le journalier, renonçant mal à sa ruralité, qui n’a à vendre que sa force de travail, est un homme de peine bien démuni.
L’alcool, en particulier l’absinthe, est indispensable pour atténuer les effets d’une forte fatigue physique, mais elle assome les hommes et les abrutit. Les caisses d’entraides et les sociétés chrétiennes charitables, ne réussissent pas à assister tous les indigents, solitaires et délinquants issus du monde ouvriers.

Le droit de grève accordé en 1864, la disparition officielle du livret ouvrier avec la venue de l’empire parlementaire en 1871, renforce les organisations ouvrières, résolument décidées à un meilleur partage des profits.

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