Les polices en France

Où l’on apprend comment l’adage "diviser pour mieux régner" est particulièrement utile au pouvoir exécutif.

À partir de la Révolution, les commissaires de polices sont établis sur tout le territoire français, à raison d’au moins un agent pour toute ville de plus de 5.000 habitants. Pour les agglomérations plus peuplées, un commissaire est ajouté par tranche de 10.000 habitants, sous l’autorité d’un commissaire central. Leur statut est ambigü : ils sont hiérarchiquement soumis aux maires, mais nommés et affectés par le gouvernement, duquel dépend aussi leur carrière. Ils sont par conséquent aussi bien chargés d’exécuter les lois et règlements étatiques que les règlements de police promulgués par les municipalités.

Durant tout le second Empire, les effectifs de la police sont passés de 5.000 à 12.000 hommes, ce qui s’explique en partie par la croissance des villes. La Révolution industrielle, entrainant des conditions de vie inhumaine pour le prolétariat, alimente la délinquance et l’esprit de révolte. De 1826 à 1880, la criminalité aurait quadruplé.

La rivalité de la Préfecture de police et de la Sûreté

La Préfecture de police est, depuis le Consulat, chargée de la police dans le département de la Seine. Sa supériorité technique par rapport aux autres polices explique qu’elle ait été pendant très longtemps considérée comme bien supérieure à la Sûreté. La Sûreté générale apparaît en 1820 au sein du ministère de l’Intérieur, c’est en fait ce qui reste du ministère de la Police, créé sous le Directoire et supprimé au début de la Restauration. Le préfet de la police de Paris est le préfet Lépine, le créateur des brigades cyclistes et fluviales et féru d’inventions en tous genre.

La Sûreté eut longtemps la réputation de police politique, car c’était en effet sa principale tâche sous la direction de Fouché pendant le premier Empire. Pourtant la Sûreté s’améliore et se renforce lentement. Au début, elle n’a sous ses ordres que les commissaires de police de province, puis son autorité s’étend aux polices étatisées des grandes villes. Par ailleurs des services spécialisés dépendent peu à peu d’elle, tel que la Police des Chemins de Fers (destinée à devenir les Renseignements généraux) depuis la Monarchie de Juillet. Le chef de la Sûreté Générale est Louis Andrieux qui finit par cumuler les attributions lorsqu’il devient préfet de police de Paris en 1879.

La « police des Châteaux » (Renseignements généraux)

Même si depuis l’instauration de l’empire parlementaire, Napoléon III a perdu la mainmise totale sur les affaires du pays, son immense fortune mexicaine lui permet de maintenir sa police prétorienne secrète : la « Police des Châteaux », dirigée depuis plus de 20 ans par Charles Eugène Arslau. Cette police a eu une naissance très originale. En effet, la « PC » est née d’une mutation de la Police des chemins de fer. Lorsque se développèrent, sous la Monarchie de Juillet, les transports ferroviaires, une police spéciale fut créée pour contrôler l’application des règlements de sécurité et pour faire les premiers constats en cas d’accident. Mais à la différence des autres corps de police, confinés étroitement dans un territoire de juridiction, ce nouveau service pouvait intervenir sur tout le réseau ferroviaire et eut rapidement pour mission d’intervenir contre les crimes et délits de toute espèce. Le Second empire vit immédiatement tout le parti politique qu’il pouvait retirer de l’existence d’un service de police qui, seul, pouvait se déplacer sur tout le territoire et qui était toujours en des lieux (wagons et salles d’attente) où les gens bavardaient et échangeaient des confidences. En un temps où les sondages d’opinion n’existaient pas, mais où le suffrage universel masculin venait d’être instauré, la Police des Chemins de Fer était perçue comme l’outil essentiel pour l’information politique du gouvernement. Aussi en 1853, sous l’impulsion du ministre de l’intérieur, le duc de Morny transforme la Police des Chemins de Fer en une « Police des Châteaux ». Mais il faut attendre 1870 et le succès de Moctezuma III au Mexique pour que ce service soit doté de réels moyens techniques et humains.

Cette police travaille depuis quelques temps avec le médecin autrichien Sigmund Freud et le médecin français Charcot. Elle utilise et sait se protéger de l’hypnose et autres techniques de manipulations mentales. Le plus célèbre inspecteur de la police des Châteaux est l’inspecteur Jaume, un expert en déguisement. Peu de personnes sont au courant de l’existence de cette milice personnelle. C’est pour cette raison que tous les membres de la « PC » sont aussi membres de la Sûreté.

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