1861-1867, l’expédition du Mexique.

Où l’on apprend comment un prince autrichien, soutenu par un empereur français, des troupes belges et égyptiennes, voulu se faire empereur du Mexique.

À l’annonce par le gouvernement mexicain de Benito Juarez de la suspension du remboursement de la dette à ses débiteurs européens, Napoléon III décida de profiter de l’occasion pour établir son influence sur le continent américain. Objectif avoué : établir un grand empire industriel, catholique, latin et francophile, aux portes des États-Unis anglo-saxons et protestants.

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Maximilien Ier, empereur du Mexique

Répondant aux requêtes des conservateurs, l’empereur utilise l’ambition d’un prince autrichien, Maximilien, frère de François Joseph Ier de Habsbourg. Il lui promet 40.000 soldats, et des meilleurs, ayant participé à la conquête de l’Algérie, il lui fournit des conseillers politiques, et 500.000 pesos, gagé sur les futures conquêtes. En 1863, le khédive d’Égypte offre un bataillon de 450 soldats, dont beaucoup de Soudanais supposés plus résistants aux maladies tropicales. L’Autriche-Hongrie envoie 7000 hommes. 2000 volontaires belges forment le régiment de l’Impératrice Charlotte, femme de Maximilien.

Le corps expéditionnaire débarque à Veracruz le 28 mai 1864, et prend la route de Mexico. Mais il faut réussir à passer Puebla, où se sont retranchés les forces de Juarez. La défense est héroïque, les envahisseurs repoussés et harcelés, le général français limogé. Mais Puebla tombe finalement en mai 1863, et Maximilien entre dans Mexico le 7 juin.

Camerone

Le 30 avril 1863, un détachement de la Légion étrangère chargé d’escorter un convoi d’armes et d’argent pour les Français, est attaqué à Palo Verde. Le capitaine Danjou et ses 61 légionnaires décident de fixer les Mexicains le plus longtemps possible autour de l’hacienda de Camerone, afin de laisser le temps au convoi de passer. Ils se retranchent, attendent les 600 cavaliers et 1200 fantassins juaristes. L’attaque commence à dix heure du matin. A midi, Danjou est tué d’une balle en pleine poitrine, à deux heures, le sous-lieutenant Vilain qui a pris la suite du commandement tombe à son tour, frappé en plein front. Les Mexicains mettent le feu à l’auberge. A cinq heures il ne reste plus que 12 hommes. A six heures, l’assaut final est donné, les trois derniers légionnaires résistent baïonnette au canon. Un colonel mexicain les sommes de se rendre, ils n’acceptent qu’à condition de conserver leurs armes. « On ne refuse rien à des hommes comme vous » leur est-il répondu. Les juaristes comptent dans leurs rangs 600 tués et blessés.

Le guêpier mexicain.

La guerre se poursuit, ennuyeuse et sans gloire. « Une guerre de jambe » diront certains, faite de marches et de contre-marches pour lutter contre la guérilla qui reçoit le soutien des États-Unis à peine sortis de la guerre de Sécession.
Napoléon III sait que sans renforts, rien ne pourra se gagner, mais que, malgré le voyage de Charlotte à Paris pour demander de l’aide, le Corps législatif ne lui fournira ni troupes, ni argent supplémentaire. L’attitude de Bismarck inquiète trop pour cela.

Une seule possibilité demeure pour Maximilien : s’appuyer sur la masse silencieuse des Indiens. Sa politique devient indigéniste, paternaliste, mais pas toujours très adroite. Quel événement pourrait faire s’engager ses populations qualifiées d’apathiques ? En grand secret, Napoléon III envoie au Mexique en 1866, les meilleurs hommes de sa maigre « police des châteaux » pour une mission a haut risque et incertaine. C’est la dernière carte de Napoléon si Maximilien échoue.

La fin de Maximilien.

Après 4 ans de guérillas, Juarez , décide de jouer un coup de poker. Il marche vers Mexico avec son armée. Mais pour atteindre Mexico, il doit d’abord prendre la ville de Quetaro, dernière protection avant la capitale. Maxilimien de Habsbourg décide de participer à la défense de la ville de Querétaro et d’affronter les troupes de Juarez. Mais le corps expéditionnaire français est trop loin pour pouvoir le soutenir.

Les assiégés sont trahis, la ville est prise sans combat, Maximilien arrêté.
Il est jugé, condamné à mort le 14 juin et fusillé avec les généraux Mejía (un Indien) et Miramón cinq jours plus tard. Marchant vers l’exécution, il s’exclame : « Je pardonne à tous, que tous me pardonnent. Que mon sang prêt à couler soit répandu pour le bien du pays. Je cède mon trône à l’héritier naturel du vrai peuple mexicain, son altesse impériale Moctezuma ! Vive le Mexique ! Vive l’indépendance ! »

Après la mort de Maximilien, beaucoup de Français du corps expéditionnaire veulent rentrer en Europe. Pour eux, tout est perdu. Mais qui est ce Moctezuma et pourquoi Maximilien en parle t-il ?

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