Electricité

« Un autre monde est possible ... »

Une brève histoire de l’électricité

L’électricité est connue des hommes depuis la nuit des temps, sous forme d’éclairs, ou de décharges de poissons-torpilles. Mais c’est un médecin de la reine d’Angleterre, William Gilbert, qui, au XVIe siècle, donne le nom d’« électricité » au phénomène, à partir du mot grec elektron qui désigne l’ambre jaune, une résine fossile possédant des propriétés électrostatiques. C’est d’ailleurs à cette science que l’électricité est la plus utile. Dès l’époque de l’empereur Claude, au premier siècle de notre ère, elle est utilisée contre la goutte et contre la migraine. Aujourd’hui encore, elle est utilisée pour traiter non seulement les maux physiques, mais aussi les maux psychiques.

Les sociétés utopiques.

Certains groupuscules anarchistes basent leurs utopies sur cette source d’énergie qu’ils considèrent comme plus efficace que le charbon ou l’éther. D’après eux, l’électricité permettrait de réduire les émissions nocives des mines de charbon ou des usines éthériques, et de miniaturiser l’essentiel de nos machines et de notre architecture (d’où un slogan de leur branche britannique, Small is beautiful). Ils agissent essentiellement par des attentats terroristes contre les possessions de la grande bourgeoisie minière, et disposent souvent d’armes assez particulières produisant des arcs électriques, aussi dangereux pour la victime que pour l’assassin.

Parmi les groupuscules anarchistes qui basent leur doctrine sur cette énergie, les moins mal connus de leurs membres s’appellent en Amérique Thomas Alva Edison, Lucien Gaulard en France, Károly Zipernowsky en Hongrie. Encore plus mal connu, mais beaucoup plus célèbre, le Capitaine Nemo, aussi connu pour ses tendances anarchistes, est également un adepte de l’électricité.

Et, brusquement, comme les ingénieurs s’avançaient avec prudence, une suprême convulsion du sol les mit en fuite. Des détonations souterraines éclataient, toute une artillerie monstrueuse cartonnant le gouffre. A la surface, les dernières constructions se culbutaient, s’écrasaient. D’abord, une sorte de tourbillon emporta les débris du criblage et de la salle de recette. Le bâtiment des chaudières creva ensuite, disparut. Puis, ce fut la tourelle carrée où râlait la pompe d’épuisement, qui tomba sur la face, ainsi qu’un homme fauché par un boulet. Et l’on vit alors une effrayante chose, on vit la machine, disloquée sur son massif, les membres écartelés, lutter contre la mort : elle marcha, elle détendit sa bielle, son genou géante, comme pour se lever ; mais elle expirait, broyée, engloutie. Seule, la haute cheminée de trente mètres restait debout, secouée, pareille à un mât dans l’ouragan. On croyait qu’elle allait s’émietter et voler en poudre, lorsque, tout d’un coup, elle s’enfonça d’un bloc, bue par la terre, fondue ainsi qu’un cierge colossal ; et rien ne dépassait, pas même la pointe du paratonnerre. C’était fini, la bête mauvaise, accroupie dans ce creux, gorgée de chair humaine, ne soufflait plus de son haleine grosse et longue. Tout entier, le Voreux venait de couler à l’abîme.

Hurlante, la foule se sauva. Des femmes couraient en se cachant les yeux. L’épouvante roula des hommes comme un tas de feuilles sèches. On ne voulait pas crier, et on criait, la gorge enflée, les bras en l’air, devant l’immense trou qui s’était creusé. Jusqu’où devait-on fuir, pour être à l’abri, dans cette fin de jour abominable, sous cette nuée de plomb, qui elle aussi semblait vouloir écraser le monde ?

Alors, sur le terril ébranlé, Souvarine se leva. Il avait reconnu la Maheude et Zacharie, sanglotant en face de cet effondrement, dont le poids pesait si lourd sur les têtes des misérables qui agonisaient au fond. Et il jeta sa dernière cigarette, il s’éloigna sans un regard en arrière, dans la nuit devenue noire. Au loin, son ombre diminua, se fondit avec l’ombre. C’était là-bas qu’il allait, à l’inconnu. Il allait, de son air tranquille, à l’extermination, partout où il y aurait de la dynamite, pour faire sauter les villes et les hommes. Ce sera lui, sans doute, quand la bourgeoisie agonisante entendra, sous elle, à chacun de ses pas, éclater le pavé des rues.

E. Zola, Germinal.


— 
Le bon sens a pourtant du mal à comprendre cette passion pour l’électricité :

GIF - 37.4 ko
Que fera-t-il plus tard ?
Le roi Vapeur et le roi Charbon s’interrogent devant le bébé électricité : que fera-t-il plus tard ?


- quel peut être l’avantage de bruler du charbon afin de produire de l’électricité qui donnera de l’énergie quand on peut directement obtenir cette énergie en brulant le charbon ? Or on n’a pas encore trouvé de moyen de produire de l’électricité en grande quantité en dehors de ce procédé. La « pile » d’Alessandro Volta inventée en 1799 fournit très peu de courant.
- l’électricité, contrairement au charbon ou à l’opium, ne peut pas être stockée.
- l’électricité, contrairement au charbon ou à l’éther, n’est pas transportable sur de longues distances.

Le bon sens l’a établi, le charbon a toujours de longs jours devant lui.

< Article précédent Article suivant >
.
1878
Lancer la recherche
Le Blog-Notes.
Aucune note du blog n'est liée à cet article.
Dernière note publiée :
Erebus ou Terror enfin retrouvé ?
par Caracalla

Le gouvernement canadien l’a annoncé : l’un des navires de l’expédition Franklin aurait été retrouvé.

Lire la suite.

La blogosphère :
Bruno Faidutti’s Blog
(10/08/2017)
« Nutz! – Les pirates et les écureuils Nutz! – Pirates and Squirrels »

Du bruit derrière le paravent
(14/07/2017)
« Mage : la Récursion »

ReS Futurae — Recherches sur la SF
(13/07/2017)
« Appel à communications : No age, please, we’re post-human! Posthumain et culture de jeunesse (Nancy, LIS) »

Places to Go, People to Be
(30/06/2017)
« La maîtrise de jeu stratégique »

Mondes en chantier
(29/06/2017)
« Cyberpunk Reload, épisode ça-va-peut-être-aller-maintenant-hein »

Les pensées de Cuchu
(23/04/2017)
« Ode aux celtes »

Blog à part : troisième époque
(21/04/2017)
« Voter peste ou voter choléra? »

À contre-courants - LOVD
(20/07/2014)
« Druide, d'Olivier Peru »

Le Blog des MJs
(20/04/2014)
« Les accessoires c'est essentiel - article issu de la dernière mise à jour PTGPTB »